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Claude FAVREAU
20 octobre 2026
Une rentrée littéraire marquée par les écrivains québécois

Une rentrée littéraire marquée par les écrivains québécois

« Notre littérature est peut-être moins normée et plus libre »

Par Clémentine Goldszal

Le 23 août 2026 à 06h01, modifié le 23 août 2026 à 11h23

( journaliste à Elle et à M, le magazine du Monde)

Enquête

La littérature canadienne francophone suscite depuis quelques années un engouement croissant sur le marché hexagonal, qui se confirme en cette rentrée littéraire. Porté d’abord par le travail de maisons indépendantes qui, outre-Atlantique, ont fait émerger une nouvelle génération d’écrivains, cet élan doit aussi beaucoup au soutien du gouvernement de la province du Québec.

C’était au mois de février. Comme cela arrive de temps en temps, la petite communauté des éditeurs de littérature étrangère est entrée en ébullition, et en concurrence, autour d’un texte. Particularité : il était signé d’un Québécois inconnu, primo-romancier de surcroît, mais était jugé si prometteur que neuf éditeurs ont renchéri, proposant tous plusieurs dizaines de milliers d’euros pour acquérir le roman. Joachim Schnerf, à la tête du domaine étranger chez Grasset, l’a emporté (pour un montant qu’il tient à garder confidentiel, mais qui avoisinerait les 80 000 euros).

C’était ça ou mourir, sorti le 19 août, est l’un des principaux enjeux commerciaux de la rentrée littéraire de la maison (bousculée au printemps par l’éviction brutale de son patron, Olivier Nora, sur décision de son propriétaire, Vincent Bolloré). Le livre de Thélyson Orélien, qui suit le périple d’un professeur haïtien de son île d’origine jusqu’au Canada, côtoie sur les tables des librairies nombre de ses compatriotes québécois.

Distribuée par des maisons d’édition françaises ou québécoises, la littérature francophone d’outre-Atlantique, dans tous les styles et pour tous les goûts, confirme son importance, mais surtout l’attrait qu’elle exerce, dans l’Hexagone, sur les éditeurs, les libraires et les lecteurs.

En cette rentrée, le choix sera large entre romans rural (Lait cru, de Steve Poutré, Les Escales), gothique (La Maison du rang Lynch, d’Alexie Morin, Le Quartanier), tendrement autobiographique (Herbier du souvenir, de Jean-François Beauchemin, Québec Amérique), classique (Ces enfants de ma vie, de Gabrielle Roy, Les Prouesses), d’anticipation (Le Mur, de Christian Guay-Poliquin, La Peuplade), mystérieux (Soleil d’abandon, de Mathieu Rolland, Plon) ; mais aussi essais féministe (Divas, de Martine Delvaux, Héliotrope) ou décolonial (Les fascistes n’ont jamais compté les étoiles, de Yara El-Ghadban et Rodney Saint-Eloi, Mémoire d’encrier), et même un roman graphique (Y a d’la joie, de Michel Rabagliati, La Pastèque).

« Soft power » en librairie

Si, ces dernières années, les succès publics et critiques des romanciers comme Laura-Eve Lambert – qui avait signé ses premiers textes à succès sous les noms de Kevin ou Kev Lambert –, Eric Chacour, Gabrielle Filteau-Chiba, Dominique Fortier ou Sébastien Dulude ont remis à l’honneur la province canadienne francophone, c’est que, en coulisses, le Québec a mis les bouchées doubles pour exercer son soft power en librairie.

Soutien aux maisons d’édition pour leur développement international, et aux auteurs pour faciliter leurs déplacements transatlantiques, forte présence dans les salons littéraires et les grandes foires du livre afin de faire connaître les catalogues, entreprise de séduction des libraires francophones et des éditeurs du monde entier… Le gouvernement québécois investit lourdement, et les résultats sont probants.

Avec près de 200 éditeurs et plus de 360 librairies pour neuf millions d’habitants, dont environ six millions de francophones, répartis sur un territoire extrêmement vaste, équivalent à trois fois la taille de l’Hexagone, le Québec est un marché à la fois dynamique et fragile. Dans cet îlot de langue française au milieu d’un continent nord-américain d’environ 330 millions d’anglophones, et qui revendique une culture littéraire originale et florissante, le monde du livre dépend, comme de nombreux secteurs de l’économie, des exportations et de l’aide de l’Etat.

Céline Dion, Xavier Dolan et Dany Laferrière

Eric Chacour, 43 ans, travaillait dans la finance jusqu’à ce que le succès de son premier roman, Ce que je sais de toi (Philippe Rey, 2023), écoulé à plus de 130 000 exemplaires en France (et 200 000 en format poche), après avoir fait l’objet d’enchères à cinq chiffres entre quatre éditeurs français, le projette dans une carrière d’écrivain à temps plein.

Attablé dans un café de Montréal où il a ses habitudes, il analyse d’une voix douce la situation de cette province qu’il aime et où il a grandi, sa famille partageant son temps entre Montréal et Paris. « Au Québec, nous n’avons pas de grosses entreprises ni d’industries internationales puissantes, donc si des gens savent aujourd’hui qu’il y a un endroit en Amérique du Nord où on parle français, c’est grâce à Céline Dion, Xavier Dolan ou Dany Laferrière. Cette culture est importante pour préserver notre identité, et nous devons continuer à la promouvoir. Pour cela, elle doit être soutenue, parce que notre marché est petit », explique-t-il.

Dans cette province canadienne, où les frais de production et de distribution d’un livre sont équivalents à ce qu’ils sont en France, un texte qui s’est vendu à 2 000 ou 3 000 exemplaires est déjà considéré comme un best-seller – quand il en faut autour de 10 000 dans l’Hexagone. Pas de quoi faire vivre une maison d’édition indépendante qui se contenterait d’exister sur le territoire québécois, ce « terrain de jeu limité », comme le décrit Véronique Fontaine, à la tête du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ). Les patrons d’entreprises d’édition ont donc pris le pli de se démener pour conquérir un lectorat international.

Inauguré en 2013 par Québec Edition, une antenne de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) consacrée au « rayonnement international de l’édition québécoise et canadienne de langue française », le programme Rendez-vous a été imaginé à cette fin. Son principe est simple – et coûteux : inviter chaque année, en novembre, lors du Salon du livre de Montréal, une dizaine d’éditeurs du monde entier et autant de libraires venus de pays francophones pour une semaine d’immersion dans le monde littéraire québécois.

Lors de ce séjour sont prévues des rencontres avec des libraires et des auteurs, des visites de maisons d’édition, une dégustation de poutine (plat emblématique composé de frites, fromage et sauce brune) et une découverte de l’écosystème littéraire local. Objectif : obtenir la mise en avant par les librairies francophones des ouvrages québécois et doper l’achat de leurs droits à l’étranger. Ce programme a pris de l’ampleur depuis 2020, jusqu’à devenir un événement prisé des éditeurs et libraires de toute la planète.

Financer les voyages d’auteurs

Dans la petite maison de ville qui abrite leurs bureaux montréalais, Sébastien Lefebvre et Karine Vachon, respectivement responsable des projets d’exportation et directrice générale de l’ANEL, se réjouissent des retombées de ces Rendez-vous, qui coûtent chaque année quelque 100 000 dollars canadiens (62 000 euros), collectés auprès de la ville, de la province et de l’Etat fédéral canadien. « A la suite de leur venue, certaines librairies françaises ont mis en place des rayons pour la littérature québécoise, d’autres ont créé des vitrines dédiées… En 2022, Le Monte-en-l’air, à Paris [librairie du 20ᵉ arrondissement], avait même organisé un festival de littérature québécoise », se félicitent-ils. Plusieurs des 26 éditeurs étrangers ayant acquis à ce jour les droits du livre de Thélyson Orélien ont d’ailleurs participé à la dernière édition de Rendez-vous.

Au-delà du programme de Québec Edition, les pouvoirs publics maintiennent leur soutien, notamment à travers les 266 000 dollars canadiens (165 000 euros) de bourses que le CALQ distribue chaque année afin de financer les voyages d’auteurs appelés à promouvoir leurs livres à l’étranger.

Efficaces et bien dirigées, les politiques de diffusion de la littérature québécoise bénéficient aux auteurs vivants, mais contribuent aussi à faire connaître en France les écrivains du patrimoine. Ainsi, en 2022, les romans de Réjean Ducharme (1941-2017) ont fait l’objet d’une parution en Quarto Gallimard (une collection souvent décrite comme la « Pléiade abordable » du mastodonte germanopratin). Prix Femina en 1947 pour son roman Bonheur d’occasion, Gabrielle Roy (1909-1983) a été rééditée en 2024 par les Editions de l’Olivier. Un an plus tard, c’était au tour du livre culte de Marie-Claire Blais (1939-2021), Les Nuits de l’underground, d’être de nouveau disponible, préfacé par Laura-Eve Lambert et la poétesse française Laura Vazquez, dans la collection « L’imaginaire » de Gallimard.

« Cela fait longtemps que les Québécois essayent de percer le marché français », pointe Renaud Roussel, codirecteur général des Editions du Boréal, la maison québécoise qui publie Thélyson Orélien, mais aussi l’académicien haïtien et canadien Dany Laferrière, ou encore la Canadienne anglophone Alice Munro (1931-2024), Prix Nobel de littérature 2013.

Professeure au département des littératures de langue française de l’université de Montréal, Martine-Emmanuelle Lapointe a étudié de près la production littéraire de sa province et sa réception en France, et elle sent le vent tourner. « Depuis les années 1960, il arrive de temps en temps qu’un livre ou un auteur se fasse une place en France. Marie-Claire Blais avait reçu le prix Médicis en 1966 pour Une saison dans la vie d’Emmanuel, Anne Hébert [1916-2000] était publiée au Seuil dans les années 1970… Mais ça ne s’est pas traduit par une assiduité à notre littérature, comme si ces autrices demeuraient des anomalies. Aujourd’hui, par leur présence médiatique soutenue, les cas isolés construisent une sorte de constellation. »

« Ma génération se fout du point de vue français »

Effet vertueux du post-impérialisme culturel de la France sur cette province que plus personne n’ose appeler le « lointain cousin », un succès parisien réveille souvent l’intérêt des lecteurs québécois. Paru au Québec en janvier 2023, le premier roman d’Eric Chacour a ainsi reçu, lors de sa parution dans l’Hexagone quelques mois plus tard, un accueil élogieux, qui a alimenté le succès dans son pays d’origine.

« La même chose était arrivée dans les années 1960 à Réjean Ducharme, ou dans les années 2000 à Nelly Arcan [1973-2009, autrice de Putain, grand succès en 2001] : personne ne savait qu’ils existaient jusqu’à ce que les Français les célèbrent. On a alors dit aux Québécois qu’ils étaient passés à côté de leurs grands génies ! », dit en souriant Martine-Emmanuelle Lapointe.

En 2024, Amiante, de Sébastien Dulude (La Peuplade), âpre premier roman sur une adolescence dans la région des Appalaches, a, lui aussi, été « lancé grâce à la France », note son éditeur, Simon Philippe Turcot. « La France agit parfois comme une sorte de certification », renchérit Antoine Tanguay, fondateur des Editions Alto, qui publient Eric Chacour.

La France, difficile à séduire, tatillonne dans ses engouements, centralisée dans son fonctionnement, reste un horizon enviable, sans pour autant apparaître comme une priorité. « Pour la majorité de mes auteurs, le marché français est un supplément agréable », estime Renaud Roussel, des Editions du Boréal. Laura-Eve Lambert assène même fièrement : « Sur le plan institutionnel, la littérature québécoise est autonome : nous avons nos maisons d’édition, nos prix, nos revues littéraires… Ma génération se fout du point de vue français sur ce qu’elle écrit. »

La proportion de la production québécoise qui traverse l’Atlantique chaque année est difficile à évaluer : cette part reste minoritaire, mais est en progression. De façon plus notable, ce sont les manières d’effectuer la traversée qui, elles, ont considérablement évolué depuis les années 1950, quand la perspective d’être publié passait forcément par les grandes maisons parisiennes.

Quelques éditeurs entrepreneurs

Enseignée à l’école et à l’université sous l’appellation « littérature canadienne-française » jusqu’à la « révolution tranquille », ce profond mouvement de modernisation qui a transformé le Québec dans les années 1960, la production littéraire nationale se revendique désormais « québécoise », et une poignée de maisons d’édition se sont créées pour publier sur place les auteurs de la province.

La vague d’écrivains qui arrivent aujourd’hui en France provient d’un phénomène plus récent, porté par quelques éditeurs entrepreneurs, quadragénaires et quinquagénaires, qui ont, au début des années 2000, entièrement renouvelé le paysage. Le Quartanier, La Peuplade, Héliotrope, Alto, Mémoire d’encrier… Les maisons d’édition qui dominent la créativité littéraire québécoise ont toutes vu le jour entre 2002 et 2006.

Cofondateur, en 2006, avec sa désormais ex-épouse Mylène Bouchard, de La Peuplade, Simon Philippe Turcot se souvient d’un temps où « beaucoup de jeunes auteurs et lecteurs ne se retrouvaient pas dans les maisons existantes, qui n’avaient pas su se renouveler ». Installé dans le petit village de Saint-Henri-de-Taillon, au nord du lac Saint-Jean, il organisait à l’époque des soirées poétiques dites « micro ouvert », et côtoyait le bouillonnement créatif d’une nouvelle génération avide de prendre la plume. Internet aidant, il devient possible d’opérer à distance et il crée La Peuplade dans sa petite bourgade, à près de 500 kilomètres de Montréal, en investissant quelques milliers de dollars. « Notre grande question était : peut-on exister loin des grands centres urbains ? », se souvient-il.

Très vite, les manuscrits affluent, en provenance du Québec et d’ailleurs. L’entreprise prend ses quartiers dans la ville de Chicoutimi, avant de s’installer en 2025 seulement à Montréal. Entrepreneur dans l’âme, Simon Philippe Turcot se lance, au début des années 2010, un nouveau défi : « Je voulais comprendre pourquoi les livres français étaient si nombreux sur les tables des librairies québécoises, et pas l’inverse », résume-t-il.

Après quatre années passées à analyser le marché, La Peuplade se lance en France en mars 2018, avec trois textes. L’intégralité des parutions est aujourd’hui disponible simultanément des deux côtés de l’Atlantique, et la percée hexagonale de la petite entreprise d’édition de Chicoutimi, qui revendique son « catalogue monde », en inspire d’autres.

« Cadre français plus strict »

Ces dernières années, Le Quartanier, Le Boréal, Héliotrope, Mémoire d’encrier et Québec Amérique ont aussi fait le choix de la « diffusion directe » : si certaines maisons continuent de céder les droits d’une partie de leurs livres à leurs homologues françaises, elles sont également présentes en librairie sous leur nom, avec leurs couvertures et leurs « québécismes » (ces régionalismes propres au français québécois) brandis haut et fièrement.

Editeur au Boréal, Renaud Roussel pense que « cet écart dans la langue et dans les thèmes traités, recherché au Québec, apporte un vent de fraîcheur, alors que le cadre français, parfois plus strict, tend à étouffer certaines voix. Notre littérature est peut-être moins normée et plus libre. » Glossaires, notes de bas de page explicatives des particularismes locaux et réécriture du texte pour en gommer les éléments trop proprement québécois tendent d’ailleurs à se réduire.

« Comme le disait Proust, “les beaux livres sont tous écrits dans une sorte de langue étrangère” », rappelle Florence Noyer, qui a cofondé il y a vingt ans les Editions Héliotrope, diffusées en France depuis deux ans et demi. « Comme c’est le cas pour toutes les littératures du monde, nombre de nos textes passent sans qu’on comprenne parfaitement tout. Mais nos deux pays se sont aussi rapprochés : beaucoup de jeunes Français ont voyagé au Québec, y ont étudié, ou ont vu les films de Xavier Dolan et de Monia Chokri. »

En France, « il y a plus de décorum »

Une fois la barrière culturelle et linguistique tombée, la principale difficulté est logistique : quand vient le temps de distribuer les exemplaires dans les plus de 3 000 librairies de France, « on n’annule pas si facilement les kilomètres », constate en souriant Florence Noyer.

Alors, d’un éditeur à l’autre, les solutions varient : certains impriment leurs livres sur les deux continents, d’autres font le choix de l’acheminement par bateau (qui prend huit à neuf semaines) ; certains parient sur des parutions simultanées, d’autres s’autorisent un décalage. Tous le font avec le soutien de diffuseurs français, tels Hachette ou Flammarion (qui ont des antennes locales au Québec), et de relais locaux (des attachés de presse et des représentants en librairie), qui les aident à promouvoir leurs sorties auprès des journalistes et des libraires.

Les éditions Québec Amérique se sont appuyées sur les premières impressions recueillies en France pour réviser l’aspect de leurs livres : « On nous avait fait des commentaires sur notre papier, trop blanc, et notre police de caractères, trop petite, qui ne faisaient pas assez “littéraire” », raconte Amélie Charbonneau, chargée des ventes. Elle a fait appliquer la nouvelle charte graphique à l’ensemble des publications de la maison.

Ces menus ajustements séduiront-ils un jour les jurés des grands prix littéraires ? La rentrée 2023 a représenté un tournant. Parus simultanément en France, deux textes d’auteurs québécois se sont retrouvés en lice pour les quatre plus grosses récompenses de l’automne : Que notre joie demeure, de Laura-Eve Lambert (Le Nouvel Attila), était sélectionné pour les prix Goncourt et Médicis, et Ce que je sais de toi, d’Eric Chacour (Philippe Rey), pour les prix Renaudot et Femina. Au mois de novembre, le premier ouvrage a remporté le prix Médicis, le second le prix Femina des lycéens. Mais ils étaient sous la bannière de maisons parisiennes. Les éditeurs québécois n’ont pas encore remporté la timbale en leur nom. « Je pense qu’ils font face aux mêmes difficultés que les maisons indépendantes françaises », avance Laura-Eve Lambert.

Alors qu’au Québec l’immense majorité des prix fonctionnent sur le principe de jurys tournants ou sont décernés par des jurys de lecteurs non professionnels, en France, « il y a plus de décorum », glisse, diplomate, Amélie Charbonneau. « S’il faut aller manger dans un restaurant étoilé avec les jurés, on n’embarque pas dans ce jeu-là pour l’instant », ajoute-t-elle. Simon Philippe Turcot, lui, assume le fait d’y mettre « beaucoup d’énergie », espérant profiter de ce moment d’« ouverture » pour imposer ses auteurs dans la liste des plus hautes récompenses. « Quand on réussira à remporter des prix sous notre étiquette, là ce sera la révolution, conclut Florence Noyer. Et j’y travaille ! »

Clémentine Goldszal

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